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Réglementation· 7 min de lecture

Paquet européen anti-blanchiment : ce qui change d'ici 2027

Règlement AMLR, sixième directive et création de l’AMLA : ce que le paquet européen change pour les professions assujetties d’ici 2027.

L’Union européenne a adopté en 2024 la réforme la plus profonde de son dispositif anti-blanchiment depuis vingt ans. Trois textes en forment l’ossature : un règlement directement applicable, une sixième directive, et un règlement créant une autorité européenne de supervision. L’essentiel s’appliquera à partir de 2027.

Cette échéance paraît lointaine. Elle ne l’est pas pour qui doit adapter des procédures, un système d’information et des habitudes de travail.

Du morcellement à l’harmonisation

Jusqu’ici, le dispositif européen reposait sur des directives. Une directive fixe un objectif ; chaque État membre la transpose à sa manière. Résultat : vingt-sept dispositifs qui se ressemblent sans se confondre, et des groupes contraints d’entretenir autant de variantes procédurales que de pays d’implantation.

Le nouveau règlement change la logique. Un règlement s’applique directement, sans transposition. Les règles de vigilance, d’identification du bénéficiaire effectif et de conservation deviennent les mêmes partout dans l’Union.

Pour un groupe multinational, c’est une simplification réelle. Pour une structure purement nationale, c’est surtout la disparition des marges d’interprétation locales dont certaines pratiques s’accommodaient.

Une autorité européenne de supervision

Le second changement structurel est institutionnel : la création de l’AMLA, l’autorité européenne de lutte contre le blanchiment, installée à Francfort.

Son rôle est double. Elle supervisera directement un nombre restreint d’entités financières considérées comme les plus risquées à l’échelle de l’Union. Et elle coordonnera l’action des superviseurs nationaux pour toutes les autres.

Ce second volet concerne bien plus d’acteurs que le premier. Une autorité qui harmonise les méthodologies de contrôle réduit mécaniquement les écarts de sévérité entre pays. Les organisations qui bénéficiaient d’une supervision nationale peu intrusive devront s’attendre à une convergence vers le haut.

Les points qui appellent une préparation

Trois sujets méritent d’être anticipés dès maintenant.

Les bénéficiaires effectifs. Les exigences se durcissent sur l’identification, la vérification et la mise à jour. Les structures à détention complexe, les chaînes impliquant des entités hors Union et les fiducies feront l’objet d’attentes précises. C’est déjà aujourd’hui le manquement le plus fréquemment relevé en contrôle ; il le restera.

Le plafonnement des paiements en espèces. Un plafond harmonisé à l’échelle de l’Union est introduit. Les États membres conservant des seuils plus stricts pourront les maintenir. Les secteurs manipulant des espèces (négoce de biens précieux, jeux, commerce de détail à forte valeur) doivent vérifier l’impact sur leurs pratiques commerciales.

L’extension du périmètre. De nouvelles catégories d’assujettis entrent dans le champ. Les acteurs concernés doivent identifier dès à présent s’ils en font partie, car construire un dispositif complet demande plusieurs mois.

Ce qu’il faut faire dès maintenant

L’erreur serait d’attendre 2027 pour ouvrir le sujet. Trois chantiers gagnent à être engagés sans délai.

Le premier est un diagnostic d’écart : mesurer la distance entre votre dispositif actuel et les exigences à venir. Le second concerne la qualité des données sur les bénéficiaires effectifs, dont la remise à niveau demande du temps parce qu’elle suppose de recontacter des clients. Le troisième porte sur les systèmes d’information, dont les évolutions se planifient rarement en moins d’un an.

Une organisation qui engage ces travaux maintenant abordera 2027 comme une échéance administrative. Celle qui attendra la découvrira comme une urgence.


Cet article présente les grandes lignes du paquet européen à titre d’information générale. Il ne constitue pas un conseil juridique. Pour évaluer l’impact précis de ces textes sur votre organisation, contactez-nous.

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